Le web a vingt ans, et comme tout un chacun à cet âge, il sort à peine de l’adolescence et de ses turpitudes parfois bienfaisantes, parfois cruelles, et souvent malfaisantes.
C’est à cet âge-là que l’on est encore influençable, que l’on ne sait toujours pas où donner de la tête et de la voix, et surtout où l’on s’en va. Mais l’on sait que c’est devant soi.
Internet est à cette image.
Encore brouillon, ne sachant quelle direction prendre, influencé et même aveuglé par l’argent ou la politique, le chevauchement d’idées dont de nombreuses néfastes à son environnement comme à son développement.
Au bout de vingt ans, où en est-on ?
Nous avons substitué un certain nombre de choses, dont nous avons basculé le concept sur internet, par l’ordinateur et la souris. Achats, films, musique, travail, écriture, lectures. Je me surprends souvent à passer tout mon temps devant l’ordinateur alors même que j’y réalise de nombreuses tâches. Il me sert de salon comme de bureau, et heureusement que mon fauteuil est confortable !
Son côté social, de par ces réseaux nouveaux qui se tissent, est l’une des choses qui plaît le plus : échanges, tchat, emails, mais aussi surveillance de chacun des gestes de ces nouveaux « amis » totalement inconnus dans la vie réelle. On peut ne plus sortir de chez soi et être en pleine cour royale !
C’est cet aspect espionnage que je trouve dangereux pour l’intégrité intellectuelle, voire morale, et en tout état de cause de la vie privée.
Il s’agit d’une dérive de l’ordre, des puissants qui nous dirigent ; ils n’auraient jamais rêvé mieux que le numérique pour enregistrer et consigner l’ensemble des aspects de nos vies, et surtout retrouver facilement et rapidement dans cet immense amas d’informations le moyen de mieux nous contrôler.
Qui contrôlera les contrôleurs ? D’autres contrôleurs ? Et qui contrôlera ceux-là à leur tour et ainsi de suite ?
On se dirige lentement mais sûrement, si nous n’y prenons garde, vers une dictature d’une puissance jusque-là inimaginée.



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