C’est enfoncer une porte ouverte que de dire qu’il est bien plus aisé de taxer tout le monde, c’est-à-dire les individus, plus nombreux et n’ayant pas de moyens lobbyibles – les élections n’ayant somme toute et au vu des récentes consultations qu’un caractère de plébiscite -, que de s’asseoir à une table avec les coupables du réchauffement climatique.
Coupables, et responsables par « nature », car c’est bien grâce aux industriels, aux grosses compagnies multinationales, à leurs politiciens lobbyiés, que l’on doit tous les produits, voitures, centrales électriques, mines, rejets etc… tous plus polluants les uns que les autres.
Si je ne m’abuse, nous, les individus, ne sommes que des consommateurs, des acheteurs de ces trucs polluants. Nous les utilisons parce qu’ils nous servent, mais les mêmes choses en moins polluantes, voire en non polluantes, nous iraient très bien.
Or justement, tous ces produits ont déjà été plus polluant. Par exemple les véhicules. Pensez à la consommation d’une voiture il y a 30 ans ? Pourquoi aujourd’hui cette même chose, un bidule en métal avec des roues et qui sert simplement à se déplacer, est-il beaucoup moins polluant, à caractéristiques égales, disons, qu’il y a 30 ans ?
Par une sorte de miracle de la nature ? Non. Parce que nous avons forcé ces pollueurs à travailler un peu plus et à limiter cette pollution. On les a FORCÉ ! Lois, votes, manifestations, et même enchaînements volontaires aux rails, grilles des institutions ou des sièges sociaux etc… D’ailleurs, parfois, les élections peuvent tout de même servir à se faire entendre, même si c’est rare. Mais là n’est pas le débat actuel.
Aujourd’hui, on nous balance, comme ça, à la figure, une « taxe carbone ». On ne sait pas exactement à quoi elle servira, mais elle devrait être reversée à tout le monde, notamment aux entreprises.
Je ne suis pas contre les taxes, même carbone. Pourquoi pas. Mais est-ce que ça va être la même fumisterie que pour la bourse du carbone ? Est-ce que, comme cette bourse, ça ne servira pas à baisser les émissions de carbone, mais à remplir, par des mécanismes compliqués, les poches toujours plus profondes et insondables des gros actionnaires ? N’oublions pas que dans cette affaire, l’ONU a distribué gratuitement des droits à polluer aux grandes entreprises, et que celles-ci les ont revendu en faisant des bénéfices sur ce joli marché bien bien noir (de carbone on s’entend). Oui, car effectivement, ce n’est pas blanc-blanc, ni même transparent, comme pouvait l’être l’Homo micro de Coluche.
En effet, en ce moment, les prix de ces droits à polluer sont à un niveau… ridiculement bas. Ils ne valent rien. Donc, en pratique, vous avez de grosses usines bien dégueulasses, vous achetez pour rien des droits à polluer, vous les échangez avec vos collègues qui ont éventuellement fait de petites modifications, mais pas trop sinon ce ne serait pas rentable, et vous n’effectuez aucun investissement dans vos propres usines. C’est schématique, mais le principe est là.
Ça ne sert à rien pour sauver l’humanité, et ça permet de confortables bénéfices, ou du moins des investissements coûteux évités.
Aujourd’hui comme hier et demain, si l’on veut baisser les émissions de carbone et autres polluants, il faut forcer, FORCER ! les industriels, pollueurs et autres fabricants à modifier leurs façons de faire. Investir leurs bénéfices dans l’amélioration des usines, leur faire baisser leurs rejets, etc…
Ce sera beaucoup plus efficace, et de loin, que de demander à des millions, des milliards d’individus, qui doivent naturellement participer à leur échelle, cela va sans dire, de baisser leurs rejets un à un.
Mais forcer quelques entreprises, plus riches que les états eux-mêmes, à faire quelque chose et non l’inverse, cela demande du courage politique, et non pas des professionnels de la politique corrompus ou corruptibles. Une « taxe courage » en quelque sorte.



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