Written on août 7th, 2009 at 3:57 by G.

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Digicode, tu es mon ami

Les digicodes idiots pullulent à Paris, c’est bien connu.

Pour entrer chez des amis, dans un immeuble, il faut avant tout connaître le code d’entrée du premier digicode, le soir. Ensuite, et seulement ensuite, vous pourrez les appeler sur le deuxième digicode, qui lui veut bien vous donner les noms.

C’est complètement idiot !

Si vous n’avez pas le premier code, si vous voulez faire une petite surprise, si vous ne connaissez pas le numéro de téléphone, vous êtes foutu ! Repassez le jour, quand le premier digicode est ouvert à tous et que personne n’est là. Une fois passée la première porte, vous aurez accès à la liste des noms des habitants – mais donc sans les habitants. Logique implacable !

Quelle connerie monumentale ! Je me demande bien quel est l’idiot qui a inventé une affaire pareille !

Exemple : j’arrive en banlieue, après une heure de transport en commun. Jusque là tout va bien. En bas de l’immeuble, un digicode. Mais pas avec le nom des gens, non, avec uniquement des numéros à taper. Et après ? Comment je fais ? Pourtant, derrière la vitre de la porte, je vois bien le deuxième digicode, avec les noms !

Obligé de trouver un téléphone public à des centaines de mètres, et encore, heureusement que j’ai le numéro sur moi, car ils sont sur liste rouge ! Je leur téléphone, ils ne répondent pas, c’est un répondeur automatique qui prend mon message. Bref, c’est loupé. Et pourtant, j’ai rendez-vous chez eux. Je sais qu’ils sont là, je vois de la lumière au deuxième étage. Mais quelle connerie ! Faut hurler dans la rue pour se faire entendre. Je pense que c’était le but recherché, le tapage nocturne, non ?

Les double-digicodes parisiens, c’est vraiment n’importe quoi ! Mais il y en a sûrement ailleurs désormais, car c’est contagieux la connerie parisienne. Et je sais de quoi je parle, je suis parisien…

Les gens ont-ils si peur que cela qu’on les sonne, non pas à la porte, mais en bas, dans la rue ?

Auparavant, on avait une porte. C’était suffisant pour repousser ceux que l’on ne voulait pas voir.

Puis, il y eut les « oeil de boeuf ». On pouvait enfin savoir qui sonnait, et donc ne pas ouvrir en cas de besoin.

Ensuite, il y a eu les premiers digicodes. Là, plus besoin « d’affronter » les autres en face, porte interposée (quel courage !). Ils attendaient gentiment qu’on ouvre, en restant en bas. C’était au bon plaisir de l’ouvreur d’en haut, une sorte de déification du portier.

Désormais, il y a le double-digicodes, le « bigicodes ». Là, plus personne du tout ne peut vous importuner, vous ne serez JAMAIS dérangé par les autres humains de votre espèce. C’est CERTAIN !

Vivement l’avenir, où plus personne du tout ne sonnera, n’ira chez les autres, et les autres ne viendront pas plus chez vous ! La société des humains urbains deviendra alors la société des individus urbains, dénuée de toute humanité. Mais faudra pas vous plaindre que personne ne s’intéresse à vous, ne vienne vous chercher pour faire des trucs, passer du bon temps à rigoler entre potes, non, il n’y en aura plus.

L’humain ne sera plus grégaire.

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